Les Imâms Infaillibles

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Les Imâms
Alī ibn Abī T̩ālib
Biographie

Abū al-H̩asan ʿAlī ibn Abī T̩ālib (en arabe : أبو الحسن علي بن أبي طالب, en persan علی پسر ابو طالب), souvent désigné simplement par son prénom ʿAlī est le fils d'Abû Tâlib, oncle du prophète de l'islam Mahomet, qui l'a élevé et protégé comme son propre fils, après la mort de son grand-père ‘Abd al-Mottalib. Il est né vers 600 à la Mecque, dix ans avant le début de la mission prophétique de Mahomet. À l'âge de six ans, il quitta la maison de son père pour se mettre sous la protection de Mahomet. Il a été à la fois le cousin, le frère spirituel, le disciple et le gendre de Mahomet en épousant sa fille Fâtima née de sa première épouse Khadija en 622.

Il a été le quatrième calife de l'islam (656-661). ‘Alî a été le premier et le père de tous les imâms. Il fut le père de Hasan et de Hussein.

Son nom signifie « élevé ». En Afrique noire, on trouve ce prénom sous les formes Alioune ou Aliou.

 
Slogan chiite reprenant la structure de la profession de foi musulmane et citant Muhammad

‘Alî a été le premier à adhérer à la nouvelle religion prêchée par Mahomet (le premier homme après Khadija selon la tradition chiites). Il est resté en compagnie de ce dernier durant tout son ministère, y compris à Médine. Il a participé aux mêmes guerres que Mahomet, excepté à la bataille de Tabûk car il avait décidé de remplacer celui-ci pour lui permettre de s'enfuir. Lors de la bataille de Uhud Mahomet lui a donné son sabre Dhû'l-fikar (Zulfikar) :

    «  Mahomet pense qu'il ne le prendrait pas et qu'il ne pourrait pas le manier. Cependant ‘Alî ayant pris le sabre et se jetant dans la lutte, le prophète le vit combattre avec fougue, frapper avec Dhû'l-fikar en avant, en arrière, à droite et à gauche. Un quraychite s'étant présenté devant lui, se couvrant de son bouclier, ‘Alî le frappa de façon que le sabre pénétra à travers le bouclier et le casque, fendit la tête de cet homme et traversa son corps jusqu'à la poitrine. Le prophète, en voyant cet exploit, dit : Il n'y a pas de sabre comme Dhû'l-fikar, et il n'y a pas de héros comme ‘Alî[1] »

À la mort de Mahomet en 632, vint la question de la succession du calife ; le choix de la communauté se porte sur Abu Bakr puis Omar en 634. Après l'assassinat du troisième calife Uthman en 656, il accèda au pouvoir mais se heurta à des revendications pour appliquer la loi du Talion aux assassins de Uthman. Parmi eux, Aïcha la veuve de Mahomet alliée à deux prétendants, Talha et Al-Zulbayr, qu'il vainquit près de Basra à la bataille du chameau (656).

Lors de la bataille de Siffin (657), il doit affronter le gouverneur de Damas Mu‘âwîya membre de la famille de ‘Uthman. Alors qu'il avait l'avantage, il accepte l'idée d'un arbitrage, mais celui-ci tourne en sa défaveur. Il est remplacé par Mu‘âwîya, qui devient le premier calife omeyyade en 661. ‘Alî conserve néanmoins un certain pouvoir et se replie dans la ville de Koufa dont il avait fait sa capitale.

Parmi ses fidèles, certains lui reprochèrent d'avoir accepté de se soumettre à un arbitrage humain et quittèrent ses rangs, on les appellera les Kharidjites (les sortants). Plus tard, ils entrèrent ouvertement en rébellion contre ‘Alî qui les vainquit à la bataille de Nahrawan (658). Décidés à venger leurs morts, les Kharijites firent assassiner ‘Alî en janvier 661, devant la porte d'entrée de la mosquée de Koufa par l'un des leurs nommé Abdul rahman Ibn Muldjam. On estime qu'‘Alî avait alors 62 ou 63 ans.

‘Alî reste cependant un personnage emblématique dans l'histoire musulmane, empreint d'un charisme incontestable. La plupart des chaînes de transmission dans la doctrine ésotérique soufie (sunnites) remontent à ‘Alî qui est par ailleurs considéré par les chiîtes comme détenteur des secrets divins et de la signification ésotérique de l'islam, qui lui seraient transmis par Mahomet.

‘Alî est également considéré comme le maître de la rhétorique arabe. Il est l'auteur de nombreuses citations, sermons et réflexions qui ont été recueillis et écrits en un ouvrage, le Nahj Al Balagha (La Voie de l'éloquence), qui reste par son très haut niveau d'éloquence arabe, après le Coran et la hadith, une référence dans la littérature arabe.


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Religion
religions abrahamiques :
judaïsme · christianisme · islam

L'IMAM ALI
Le martyre de l’Imam Hossein
Le martyre de l’Imam Hossein expliqué par l’Ayatollah Makarem Chirazi

Qom(IQNA)- «Le nom et l’histoire de l’Imam Hossein(AS) ne seront jamais oubliés car ils n’appartiennent à aucune époque ni à aucun lieu précis».

L’Agence Internationale de Presse Coranique(IQNA) a annoncé la publication d’un article de l’Ayatollah Makarem Chirazi sur la philosophie du martyre de l’Imam Hossein(AS), dont voici la traduction:

Pourquoi l’Imam Hossein reste-t-il vivant dans l’Histoire ?

La vie de l’Imam Hossein(AS) est devenue une des plus grandes épopées de l’Histoire, non seulement parce qu’à une époque de l’année, elle mobilise des millions de musulmans dans le monde, dans des cérémonies exceptionnelles, mais parce qu’elle n’a aucun autre moteur qu’un sentiment pur, humain et religieux.

Ces grandes processions et ces réunions gigantesques n’ont pas besoin de préparation et sont uniques en leur genre. Nous connaissons la raison qui échappe aux non musulmans, de cet intérêt croissant au niveau qualitatif et quantitatif, pour cet événement historique.

Pourquoi aujourd’hui, alors qu’il ne reste rien du parti des Bani Omayyeh, l’événement de Karbala a-t-il pris une couleur d’éternité ?

Les raisons doivent être recherchées dans la motivation même de cette révolution, et sont évidentes pour ceux qui connaissent tant soit peu, l’Histoire de l’islam. Cet événement sanglant n’est pas survenu à cause d’une dispute entre deux personnes, pour le pouvoir ou des terres, ni à cause de vieilles rancunes tribales. Cet éventement est la manifestation d’une guerre entre deux pensées, dont le feu dure depuis le début des temps, et qui ne s’est jamais éteint. Il s’agit de la lutte de tous les Prophètes et des réformateurs, et la suite des guerres de Badr et de Ahzab. Quand le Prophète de l’islam(SAWA) s’est soulevé pour sauver l’humanité de l’idolâtrie et de l’ignorance, et a rassemblé autour de lui, les opprimés, ce combat qui était dirigé par les riches et les usuriers de la Mecque, a commencé.

L’opposition du parti des Bani Omayyeh a commencé en fait, avec Abou Sofian, pour étouffer ce mouvement réformateur qui se développait et prenait des dimensions extraordinaires. Les opposants n’ont pas été anéantis, ils ont commencé des activités cachées comme le fait tout ennemi vaincu, en attendant le moment propice.

Après la disparition du Prophète suprême(SAWA), ces ennemis ont tenté de s’infiltrer dans les rangs des musulmans, pour éloigner les gens des principes qui régnaient à l’époque du Prophète(SAWA). La montée des superstitions et des traditions préislamiques a permis un revirement politique et idéologique avec

- une renaissance du racisme qui avait été effacé par l’islam, faisant de l’Arabe un être supérieur par rapport aux autres musulmans.

- Des injustices qui n’avaient rien à voir avec l’islam. Le bien public qui était distribué de façon égale à l’époque du Prophète(SAWA), devint pour certains, une occasion de privilèges illogiques, avec une relance des inégalités sociales.

- Les responsabilités qui, à l’époque du Prophète(SAWA), étaient données en fonction de la science, de la morale et de la piété, tombèrent aux mains des califes et de leur famille.

Le fils d’Abou Sofian, Mo'avieh, prit le pouvoir dans la région très sensible de «Cham», et après avoir rassemblé les anciens éléments de l’époque de l’ignorance, il s’empara du pouvoir et fit renaître les anciennes traditions.

Ce mouvement dont la nature anti islamique était évidente, préoccupa l’Imam Ali(AS) pendant toute la durée de son gouvernement.

Abou Sofian, au moment de la transmission du pouvoir des Bani Omayyeh à la tribu de Marvan, prononça cette phrase : «Bani Ommayeh, dépêchez-vous et attrapez le pouvoir, passez le vous, car je jure qu’il n’a jamais été question d’enfer ou de paradis ». Mohavieh quant à lui, dans son discours lors de la prise de l’Irak, déclare : « Je ne suis pas venu pour vous faire faire la prière ou vous faire jeûner, je suis venu pour gouverner et j’anéantirai tous ceux qui s’opposeront à moi !» Yazid, devant les lances ornées des têtes des martyrs de Karbala, soupira en disant qu’il aurait aimé que ses ancêtres, qui avaient été tués dans la guerre de Badr, voient comment il s’est vengé de la tribu des Bani Hachem.

Ce sont là des signes évidents de la nature de ce mouvement anti islamique et rétrograde qui s’accentuait et faisait surface de plus en plus, avec le temps.

Est-ce que l’Imam Hossein(AS) pouvait rester silencieux face à ce grand danger pour l’islam qui avait atteint son point culminant à l’époque de Yazid ?

Est-ce que cette situation convenait au Prophète(SAWA) et aux gens purs qui avaient élevé l’Imam Hossein ?

Ne devait-il pas briser ce silence qui pesait sur la communauté islamique et dénoncer les manœuvres de la tribu des Bani Omayyeh, même au prix d’un immense sacrifice qui resterait dans l’Histoire de l’islam ?

L’Imam Hossein a pris ses responsabilités et a inversé le sens de l’Histoire de l’islam. Il a brisé le complot des gens au pouvoir et mis fin définitivement à leurs manœuvres.

Voilà pourquoi le nom et le mouvement de l’Imam Hossein sont inoubliables, pourquoi ils appartiennent à toutes les époques et à tous les lieux, et pourquoi ils sont éternels. Il s’est sacrifié pour la justice, la liberté, la renaissance des valeurs islamiques et le salut des hommes, est-ce que cela se démode ?

Est-ce que ce sont les soldats sanguinaires des Bani Ommayeh qui sont sortis victorieux de ce combat inégal ou l’Imam Hossein et ses partisans qui ont tout sacrifié par amour de la vérité et pour Dieu ?

la victoire ne signifie pas revenir sain et sauf du front après avoir écrasé l’ennemi, la victoire est de parvenir à son but et d’empêcher les ennemis de parvenir au leur. Dans ce sens, il est clair que si l’Imam Hossein et ses partisans ont tous été tués, dans cette bataille, ils ont néanmoins réussi dans leur projet de dénonciation du gouvernement corrompu de Yazid qui avec ses suppôts de l’époque de l’ignorance et de l’idolâtrie, complotaient contre l’islam et la communauté. Les bases de ce gouvernement illégitime qui se réjouissait de faire renaître les privilèges et les injustices de l’ancien temps, dans la société musulmane, ont été ébranlées, et leur pouvoir sur la communauté a été interrompu. En tuant l’Imam Hossein(AS), ce héros de la famille prophétique et l’enfant bien aimé du Prophète(SAWA), Yazid s’est démasqué et a démasqué le mensonge de ceux qui prétendaient être les successeurs du Prophète(SAWA). Il n’est pas étonnant de retrouver dans les mouvements postérieurs, les slogans de vengeance de ces martyrs, dont s’est même servi la dynastie des Abbasides pour accéder au pouvoir avant d’imposer son oppression à la communauté. Quelle plus grande victoire que d’arriver à ses buts et de devenir en plus, un exemple pour les générations à venir et les gens libres dans le monde ?

Mais pourquoi ces cérémonies de deuil, ces pleurs et ces gémissements, au lieu de fêter cette grande victoire, demandent ceux qui ne comprennent pas la philosophie de ces cérémonies et confondent ces pleurs avec l’avilissement ?

Il existe plusieurs sortes de larmes, des larmes de joie, à la vue d’un être cher, ce sont des larmes de joie que nous versons à la vue du courage des combattants et au discours de ces femmes et de ces enfants apparemment « prisonniers », ce sont des larmes qui viennent des sentiments que ressentent les êtres humains dont le cœur n’est pas devenu de pierre, à la vue des orphelins et de la souffrance des autres. Est-ce que le récit de la mort d’un bébé dans les bras de son père, de son agonie dans une marre de sang, qui éveille notre cœur et fait couler nos larmes, est un signe de faiblesse ou le signe que notre cœur est encore vivant ? Il y a aussi des larmes de joie quand nous arrivons à notre but, il est possible de montrer que nous sommes « avec » l’Imam Hossein par des slogans, des discours ou même des poèmes, cela peut être artificiel, mais par contre des larmes qui viennent du cœur au récit de cet événement, sont le signe le plus sincère de notre fidélité. Est-ce que ces larmes sont possibles si nous ne connaissons pas l’objectif qui était celui de l’Imam Hossein(AS) et de ses compagnons ?

Les pleurs des faibles et des vaincus sur leur incapacité à arriver à leur but, ne sont pas les pleurs versés pour l’Imam Hossein(AS), ni des pleurs qu’accepte l’Imam Hossein(AS).

Bien entendu, la meilleure cérémonie de deuil est celle qui nous explique le mouvement de l’Imam Hossein et nous invite à vivre dans la pureté, à réfléchir et à agir.

source IQNA



l'Imam Hassan Al Âskary(AS)

La vie de l'Imam Hassan Al Âskary(AS)

Article(IQNA)- L'Imam Hassan, fils de l'Imam Al-Hadi (psl) est le 11ème Imam de Ahlul Bayt. II naquit en l'an 232 Hijra, et vécut avec son père 22 ans.

Après le martyre de l'Imam Al-Hadi (psl) en l'an 254 Hijra, l'Imam Hassan, son fils, prit en charge le pouvoir spirituel de l'Imamat le long de 6 ans au bout desquels il fit assassiné. La mère de l'Imam Al Âskary s'appelait Sèoucen, elle était une femme à grande morale et sa pureté d'âme lui avait valu de mériter d'être la mère de l'argument de Dieu sur terre.

La naissance du 11ème Imam fut à la Médine ; il y passa ses premières années d'enfance et lorsque le calife abbasside Elmoutèouèkkel convoqua son père à Samarra, il l'accompagna pour y rester dans les conditions que nous avons explicitées dans la biographie de l'Imam Al-Hadi (psl).

Comme il est exigé par la coutume islamique, l'Imam Hassan Al Âskary fut appelé respectueusement par l'indication de son fils aîné: Mohammed qui n'est autre que le douzième Imam d'Ahlul Bayt et le libérateur de l'humanité.

L'Imam eut plusieurs surnoms dont le plus célèbre est Al Âskary qui veut dire celui qui réside à âsker, lieu à Samarra.

Les complots du palais du calife abbasside n'avaient pas épargné Elmoê'tez qui fut lui aussi assassiné par les turcs pour laisser la place à Elmohtèdi qui connut aussitôt, lui aussi, le même sort ! Le pouvoir atterrit enfin dans les bras d'Elmoêtèmed qui craignit de subir le même sort et vint auprès de l'Imam (psl) sollicitant qu'il invoque Dieu pour lui de lui procurer une longue vie !

Cet étrange récit va peut-être choquer certains de nos lecteurs !

En effet, il est peut être difficile à imaginer comment l'Imam (psl) pourrait exaucer un tel vœu provenant d'un despote usurpateur !

Mais rappelant que depuis le massacre de Karbala'. Dieu, à Lui pureté, avait choisi pour les Imams de Ahlul Bayt qu'ils laissent les musulmans assumer pleinement leur responsabilité et se consacrent absolument au rôle d'éducation, d'enseignement et d'orientation sans intervenir directement dans les luttes du pouvoir.

C'est ainsi qu'Elmoêtèmed eut cette grande chance de voir son règne prolonger par l'invocation de l'argument de Dieu sur terre, et dans une ère d'instabilité politique totale, il put se maintenir au pouvoir une vingtaine d'année !

L'Imam (psl) nous montre ainsi une vérité que l'on oublie facilement: cette vie basse n'a aucune valeur pour Dieu ! Et c'est bien pour cela qu'elle est plus facilement accessible pour les gens les plus éloignés de Dieu !

L'Imam vu par ses ennemis

Ahmed Ibn Khaqan, proche collaborateur de la dynastie abbasside, nous a laissé un témoignage révélateur de la réputation dont jouissait l'Imam Al Âskary (psl).

En effet, il rapporte: «Dans toute la ville de Samarra, parmi tous les descendants de Ali Ibn Abou Taleb, je n'ai pas vu un homme qui vaut Hassan Ibn Ali Ibn Mohammed Ibn Ali Ridha ! Et je n'ai jamais vu personne qui jouit de qualités morales comparables aux siennes : clémence, sagesse, justesse, noblesse et générosité.»

Le père d'Ahmed Ibn Khaqan, Abdoullah, ajoute lui aussi un autre témoignage en affirmant que si jamais le pouvoir échappe à la dynastie abbasside, il n'y aura pas mieux que l'Imam Al Âskary (psl) qui le mériterait, ne serait-ce que pour les qualités de grandes morales et de compétences par lesquelles il se distinguait.

Face à l'instabilité politique

La mainmise des turcs sur les rênes du pouvoir au palais du califat abbasside était devenue de plus en plus insupportable pour les populations musulmanes.

Les révoltes et insurrections se faisaient de plus en plus fréquentes et les masses musulmanes y adhéraient de plus en plus volontiers.

A l'époque de l'Imam Al Âskary (psl), plusieurs descendants de Ali Ibn Abou Taleb (psl), dits Âlaouis, et certains autres aventuriers et prétendus Âlaouis s'insurgèrent et constituèrent des gouvernements autonomes qui avaient plus ou moins durés.

Parmi ces révoltes, on peut citer celle de Hassan Ibn Zeyd El Âlaoui à la région de Tabarestan (au nord de l'Iran).

Mais le plus sérieux coup porté à l'autorité abbasside c'est la révolution des nègres de la région de Bassora qui avait constitué un gouvernement autonome dans cette région tout en commettant des massacres et des atrocités que nul musulman sincère ne pouvait pardonner.

Le plus gênant dans cette révolte c'est que son chef avait prétendu être un Âlaoui, risquant ainsi de porter un coup dur à la réputation de cette sainte famille dont les révoltes avaient été toujours faites dans le respect total des préceptes de l'Islam et de la dignité des musulmans. L'Imam Al Âskary (psl) s'empressa alors de dénoncer les massacres de la Bassorah et de déclarer que le responsable de tels crimes ne pourrait jamais être des siens.

L'Imam sous l'oppression

Malgré son éloignement des luttes du pouvoir, l'Imam Al Âskary (psl) avait été emprisonné sous l'ordre du calife qui avait ordonné de lui poster deux gardes de prison choisis parmi les plus inhumains de ses mercenaires.

La surprise des agents du calife fut totale lorsqu'ils remarquèrent un bouleversement total du comportement et de la morale de ces deux gardes qui furent influencés par le comportement de leur prisonnier, qui se repentit et devinrent des plus pieux !

Tout comme son père, l'Imam Al Âskary (psl) avait eu à affronter l'épreuve des fauves ! Et l'histoire nous raconte que le calife abbasside de l'époque ordonna de le jeter dans le bassin des fauves et que, devant l'étonnement général, ces bêtes féroces accueillirent l'Imam du temps et l'argument de Dieu sur terre sans manifester aucun signe d'agressivité, tels des chiens accueillant leur maître !

Devant un tel despotisme, l'Imam Al Âskary (psl) ne cacha pas son hostilité à la tyrannie et il exhorta tous ses fidèles à refuser l'injustice et l'arbitraire, et il recommandait toujours à ses adeptes de ne point se séparer de la justice, de la bienfaisance et de l'altruisme. Ainsi, les adeptes de l'Imam Al Âskary (psl) constituaient à son époque la conscience vivace de la communauté musulmane.

L'existence de l'Imam Al Âskary (psl) constituait une preuve vivante et permanente de la véracité du message islamique, et il suffit pour tout homme dont le cœur est sain de rencontrer l'Imam du temps pour connaître la vérité et intégrer le rang de la minorité salutaire !

L'histoire nous raconte l'exemple d'un évêque chrétien qui obtint son salut par la suite d'une rencontre heureuse avec l'Imam Al Âskary (psl).

On lui demanda pourquoi s'était-il converti â l'Islam et il répondit que l'Imam Al Âskary incarnait la personnalité et la morale de Jésus (psl) ! Et cela est suffisant pour quiconque qui cherche la vérité.

L'activité scientifique de l'Imam

L'Imam Al Âskary (psl) était le dernier des Imams d'Ahlul Bayt à avoir un rôle scientifique public. Et nous allons voir dans le numéro suivant de cette série que son héritier, que Dieu facilite sa réapparition, a une présence scientifique plutôt privée et indirecte.

A l'époque de l'Imam Al Âskary (psl), l'essor de l'enseignement scientifique religieux et son évolution étaient à leur apogée à la Médine, à la Koufa, à Baghdâd et plus particulièrement à la ville de Qomm qui devint, depuis la mort de la sœur de l'Imam Ridha (psl) et son enterrement dedans, un grand centre scientifique et un rassemblement essentiel des adeptes de Ahlul Bayt (paix sur eux).

On rapporte que les élèves de l'Imam Al Âskary qui avaient plus ou moins pu bénéficier de ses bénédictions scientifiques atteignirent le nombre de 18 mille !

Les témoignages sur la science et la sagesse de l'Imam Al Âskary sont très nombreux et l'on peut se suffire à celui de l'un des proches de la dynastie abbasside.

Mohammed Ibn Massoud Echchirazi qui était l'un des hommes du calife El Moê'tez écrivit : "Le rôle scientifique de l'Imam Al Âskary (psl) est tellement grand que le grand philosophe Elkendi, professeur de Farabi, fut contraint de brûler l'un de ses livres après avoir été critiqué par l'Imam qui y avait décelé les incohérences fatales !"

Contre le charlatanisme

La ville de Samarra fut frappée par une grande sécheresse, alors que l'Imam Al Âskary (psl) était en prison.

Conformément à la coutume islamique, les musulmans sortirent hors de la ville et invoquèrent Dieu pour obtenir la pluie, mais en vain.

Les chrétiens de la région se rassemblèrent et sortirent avec leur grand archevêque pour l'invocation de la pluie, et devant l'étonnement de tous les musulmans, la pluie commença à tomber !

Plusieurs musulmans se demandèrent alors s'ils étaient bien les détenteurs de la vérité ! Et certains d'entre eux furent tentés de se convertir au Christianisme !

Craignant une déstabilisation imprévisible de son pouvoir, le calife envoya rapidement un émissaire à l'Imam Al Âskary.

L'envoyé du calife arriva à l'Imam dans sa prison et s'écria : "Au secours ! La communauté de ton grand-père risque de périr !"

L'Imam Al Âskary (psl) sortit alors pour voir de plus près la cause de ce danger. Et arrivant à l'extérieur de la ville, il vit la masse des chrétiens accompagnant leur prêtre et s'apprêtant à refaire la prière pour solliciter la pluie.

L'Imam observa la scène attentivement et lorsque les chrétiens commencèrent leur prière, il remarqua que l'un des évêques avait levé sa main droite vers le ciel ; il ordonna alors à l'un des serviteurs d'accourir vers ce prêtre et enlever ce qu'il tenait dans sa main droite.

L'ordre fut exécuté et l'on retrouva alors un os noirci enfoui entre les doigts du prêtre ! L'Imam le prit et s'adressa aux chrétiens leur demandant de prier pour la pluie ! Cette fois, la prière des prêtres ne fut pas concluante bien que le ciel était nuageux ! Et devant l'étonnement général, les nuages se dispersèrent et le soleil apparut pour dissiper tous les doutes qui avaient commencé à perturber les milliers de musulmans naïfs. Le calife, curieux, demanda à l'Imam quel était le secret de la scène ?

Il répondit : "Ce prêtre avait passé par la tombe d'un prophète et put se procurer d'un os de son squelette sacré !

. ..Est-il que chaque fois qu'un os d'un prophète est mis à découvert, il pleut immédiatement !"

C'était là un exemple reflétant le rôle salutaire que l'Imam Al Âskary (psl) exécutait. Et c'est aussi un témoignage vivant de l'impuissance des musulmans éloignés de la ligne d'Ahlul Bayt (pse) devant les prétentions des charlatans de toutes les religions.

Est-il que Dieu sait bien où Il place son message et que sans Ahlul Bayt (pse) le message divin aurait été falsifié et les musulmans s'en seraient déviés autant que les adeptes des autres religions célestes !

Une leçon de réforme


L'Imam Al Âskary était un continuateur de la ligne de son grand-père le prophète (paix sur lui et ses proches) qui appelait les gens vers la voie du salut par la bonne parole et le comportement exemplaire.

Il tenait à faire apprendre cette méthode de réforme à tous ses fidèles pour qu'ils puissent réunir à la fois la parole constructive et la méthode concluante.

L'histoire du repentir d'un Âlaoui descendant de l'Imam Es Sâdeq (psl) s'appelant Aboul Hassan nous suffit comme exemple de la méthode que l'Imam Al Âskary (psl) adoptait.

En effet, ce cousin lointain de l'Imam habitait à la ville sainte de Qomm mais malheureusement, il n'était pas à la mesure de son appartenance familiale et il était connu pour être un pêcheur buveur de grison.

Ahmed Ibn Ishè'q, représentant légitime de l'Imam Al Âskary (psl) à la ville de Qomm était un homme pieux qui gardait ses distances avec tous les gens de mauvaise réputation. Et un jour, il refusa de recevoir Aboul Hassan à cause de sa conduite, et cet Âlaoui en fut fortement touché.

Les jours passèrent et Ibn Ishè'q alla faire le pèlerinage et voulut passer chez l'Imam pour le saluer et bénéficier de sa bénédiction. Mais, à sa grande surprise, l'Imam refusa de le recevoir ! Il insista devant la porte de l'Imam quelques jours disant qu'il préférait plutôt mourir que d'être banni par l'Imam !

Enfin, l'Imam lui donna l'autorisation d'entrer et lui reprocha son comportement avec Aboul Hassan en lui rappelant que l'appel vers Dieu n'a jamais signifié la confrontation avec les autres et la destruction de leur personnalité.

Ibn Ishè'q comprit la leçon et dès son retour à Qomm, il décida de réparer le dommage qu'il avait causé à Aboul Hassan. Et à la première occasion, lorsque Aboul Hassan lui rendit visite, il l'accueillit chaleureusement et l'assoit à son côté !

Aboul Hassan fut étonné de ce revirement total d'attitude, et demanda à Ibn Ishè'q la cause de ce changement.

Le représentant de l'Imam Al Âskary (psl) relata son histoire avec l'argument de Dieu sur terre. L'Âlaoui en fut fortement touché et décida de se repentir définitivement, et dès son arrivée à sa maison, il cassa tous les ustensiles et les récipients de vin et s'adonna, depuis ce jour là, à l'adoration de Dieu.

Avec le philosophe d'Iraq


Ishè'q Elkendi est considéré comme le philosophe des arabes. Et pour comprendre son rang scientifique, il suffit de se rappeler qu'il est le professeur d'Elfarabi.

Puisant ses connaissances hors de l'école d'Ahlul Bayt, ce philosophe arriva à une impasse lors de sa lecture du saint Coran.

Après de longues contemplations, il tomba dans l'illusion de trouver des contradictions dans le saint livre et commença à rédiger un ouvrage sur ce sujet.

L'un des élèves d'Elkendi vint raconter l'affaire à l'Imam Al Âskary (psl) qui lui demanda : "N'y a-t-il donc pas parmi vous un homme mûr qui puisse dissuader votre professeur de s'occuper du Coran !?"

L'élève du philosophe répondit à l'Imam qu'il n'avait pas la force de répondre à son professeur, l'Imam lui dit alors : " Dis-lui que tu as une question à lui poser : "si votre interlocuteur vous apporte du Coran, alors, est-il possible qu'il veuille signifier d'autres sens que ceux que vous avez saisis ? Alors, il vous répondra que c'est possible parce qu'il est un homme qui comprend lorsqu'il entend, et lorsqu'il aura accepté cette hypothèse dis lui : "Alors, qu'en savez-vous s'il voulait dire autre chose que ce que vous avez compris et ainsi, vous vous aurez proposé d'autre sens que les siens !?"

L'élève revint à son professeur et lui posa la question indiquée par l'Imam (psl). Elkendi reconnut que la possibilité de plusieurs compréhensions du texte coranique était plausible et que toute sa théorie sur les contradictions du Coran s'était écroulée.

Enfin il abandonna son projet et brûla les feuilles qu'il avait déjà rédigées.

Consolation et bon présage


L'Imam Al Âskary (psl) savait bien dans quelles circonstances vivaient ses adeptes et fidèles, et qu'ils attendaient tous le jour où ils pourraient manifester librement leur foi et exercer ouvertement leur activité constructive de la société saine et juste.

Dans une lettre de consolation et d'exhortation à la patience et à la sobriété qu'il avait adressée à l'un de ses plus fidèles adeptes Ali Ibn El Hussein Ibn Bèbèoueh El Qommi, on peut notamment lire : "Tiens bon et attends le salut ! Est-il que le prophète (pslp) avait dit : "La meilleure des œuvres de ma communauté c'est l'attente du salut ! Nos fidèles resteront toujours dans la tristesse jusqu'au moment où mon fils apparaîtra tel que l'avait déjà prévu le prophète (pslp) et remplira alors la terre de justice comme elle a été remplie de prévarication et d'injustice."

"Alors, ô cheikh, ô Aboul Hassan, patientes-y, est-il que la terre est pour Dieu et Il la lègue pour celui qu'Il choisit parmi Ses sujets ! Et c'est bien aux pieux que revient le dernier mot ! Et paix sur toi et sur tous nos adeptes et que la miséricorde de Dieu et sa bénédiction vous recouvrent et que la prière de Dieu recouvre Mohammed et sa progéniture !"

Le martyre de l'Imam

Depuis l'âge de 5 ans lorsqu'il avait été convoqué avec son père à Samarra, l'Imam Al Âskary (psl) vécut sous les plus sévères restrictions et dans les prisons les plus inhumaines jusqu'à ce que Dieu eut permis son escalade céleste le 8 rabi'ê 1 de l'année 260 Hijra après avoir été empoisonné sous l'ordre du calife abbasside.

L'Imam Al Âskary (psl) fut enterré à côté de son père à la ville de Samarra où son mausolée reste jusqu'à nos jours comme lieu de visite générale.

Avant de répondre à l'appel du paradis, l'Imam Al Âskary (psl) avait parfaitement accompli sa dernière mission: cacher en lieu sûr son fils El mahdi que tous les adeptes d'Ahlul Bayt attendaient impatiemment.

En effet, malgré toutes les perquisitions du pouvoir abbasside, et malgré le contrôle strict de toutes les femmes de l'Imam afin de tuer tout nouveau né masculin, l'Imam Al Âskary laissa son héritier à l'âge de 5 ans pour prendre en charge la plus grande mission de l'histoire, de l'humanité: faire respecter la loi de Dieu et instaurer la société universelle d'équité.

Paix et prière sur l'Imam Al Âskary et que Dieu facilite l'apparition de son héritier El Mahdi (Dfr).

Source: ahlkesaa.com
  
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L'Imâm Mûssâ al-Kâzim (p)


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Le Sermon du Vendredi > Archive > 17/07/2009 - 24/07/1430 H

Au Nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux

Le sermon du Vendredi

Les deux sermons du Vendredi prononcés par Son Eminence, l'Autorité religieuse, sayyed Muhammad Hussein Fadlallah de la mosquée de al-Imamayn al-Hassanayn à Haret Hreik, le 24 rajab 1430 / 17 juillet 2009, en présence d'une foule dense de personnalités religieuses, politiques, sociales ainsi que de croyants.

L'Imâm Mûssâ al-Kâzim (p), patience et jihâd

Les épreuves de l'Imâm (p)

((Dieu ne veut qu’écarter de vous la souillure, ô Gens de la Famille et vous purifier totalement)) (Coran XXXIII, 33).

Le vingt-cinquième jour du mois de rajab, qui tombe demain, est l'anniversaire de la mort de l'Imâm, le Prisonnier et l'injustement traité, Mûssâ Ibn Ja'far al-Kâzim (p). Il est mort à un moment où Hârûn ar-Rachîd se plaisait de le déplacer d'une prison à une autre.

Nous savons que les Imâms appartenant aux Gens de la Maison (p) ont été éprouvés par les Umayyades comme ils l'ont été par les Abbassides. Les califes des deux dynasties observaient directement et par l'intermédiaire de leurs services de renseignement les activités des Imâms et savaient qu'ils représentaient aux yeux du peuple le summum scientifique, spirituel et moral. Les gens accouraient vers eux pour se renseigner auprès d'eux sur les questions problématiques de l'Islam et des affaires scientifiques dans tous les domaines. Les gens cherchaient auprès d'eux la bénédiction, et ils les vénéraient et les considéraient comme des saints. Pour toutes ces raisons, les califes umayyades et abbassides craignaient pour leur pouvoir cet attachement aux Imâms appartenant aux Gens de la Maison (p) de la part des masses partout dans le monde musulman.

L'amour porté par les califes à l'Imâm (p)

Selon certains historiens, on a demandé à al-Ma'mûn, le calife abbasside connu pour l'amour et la vénération qu'il vouait aux Imâms appartenant aux Gens de la Maison (p), la raison de cet amour qui laisse croire qu'il était lui-même chiite. Il a répondu qu'il le tenait de son père Hârûn ar-Rachîd. –Comment cela, lui a-t-on alors demandé, sachant que ton père était un ennemi des Gens de la Maison ? Il a répondu : J'étais jeune et je m'asseyais auprès de mon père quand on lui a dit : "Voilà Mûssâ Ibn Ja'far qui attend devant la porte". En entendant cet avertissement, il a ordonné toutes les personnes présentes dans son salon de se lever pour l'accueillir. Puis il l'a accueilli, l'a pris dans ses bras et lui a donné sa propre place avant de s'asseoir lui-même devant lui avec tous les signes de respect et de vénération. Puis, il lui a fait les adieux de la même manière". Alors j'ai dit à mon père : "Qui est cette personne que tu as accueillie en lui réservant toute cette hospitalité ?". Mon père m'a répondu : "Si les gens savaient ce que nous savons sur la place de cette personne et de ses pères, ils n'auraient pas nous laisser dans nos postes". Je lui ai dit : "Pourquoi alors tu ne lui cèdes pas le pouvoir ?". Il m'a répondu : "Tu es mon fils. Pourtant si tu me disputes mon pouvoir, je te coupe l'organe où siègent tes yeux".

Une fois, Hârûn est arrivé à Médine en visiteur. Se dressant devant la tombe du Messager de Dieu (P), il lui a adressé la parole en disant : "Que la paix soit sur toi, ô fils de mon oncle". Il avait l'habitude de se flatter du fait que le Messager de Dieu (P) était son cousin. Mais l'Imâm al-Kâzim (p), qui était présent, ne l'a pas laissé se flatter cette fois à sa guise. Il s'est adressé à son tour au Messager de Dieu (P) en lui disant : "Que la paix soit sur toi, ô mon père". – Comment cela, lui a demandé Hârûn ar-Rachîd ? Alors l'Imâm (p) lui a dit : "Si le Prophète se présente et te demande la main de ta fille, la lui donnerais-tu en mariage ?". Cela m'honore, a répondu ar-Rachîd. L'Imâm (p) lui a alors dit : "Quant à moi, je ne pourrais pas lui donner ma fille en mariage car elle est aussi sa fille".

Après son emprisonnement par Hârûn ar-Rachîd dans une prison détenue par l'un de ses proches parents, le geôlier a chargé l'un de ses agents de l'espionner et d'écouter ce qu'il disait. S'exécutant, ce dernier a constaté qu'il passait sa journée en adorant Dieu et qu'il s'adressait à Lui en disant : "Seigneur ! Je t'avais demandé de me permettre de consacrer tout mon temps à T'adorer et Tu l'as fait. Je T'y remercie". Alors le geôlier a envoyé dire à ar-Rachîd : "Reprend-le, sinon je le libérerais". Alors, l'Imâm fut transporté à Bagdad et, de prison en prison, il a fini par mourir empoisonné et de rejoindre ainsi son Seigneur.

En célébrant l'anniversaire de la mort de l'Imâm al-Kâzim (p), nous devrions savoir ce qu'était son statut. On lit à ce propos dans "Umadat at-Tâlib" : "L'Imâm Mûssâ al-Kâzim (p) avait beaucoup de vertus. Il ne s'emportait point et il était très généreux". As-Sheikh al-Mufîd dit à son compte dans son livre "al-Irshâd" : "Il était le plus dévot, le plus ascète et le plus versé dans la jurisprudence parmi ses contemporains. Il était aussi le plus généreux et le plus noble parmi eux". On raconte qu'il faisait les prières facultatives de la nuit jusqu'à l'heure de la prière de l'aube. Puis il invoquait Dieu jusqu'au levé du soleil. Il pleurait par crainte de Dieu jusqu'à mouiller sa barbe de ses larmes. Il était le plus attaché à respecter ses liens avec sa parenté. Il passait devant les portes des pauvres de Médine pendant la nuit tout en portant un gros sac sur son dos et déposait des subsistances, de l'argent, de la farine et des dattes devant leurs portes. Ils ramassaient tout cela sans savoir d'où il venait".

On raconte que l'Imâm al-Kâzim (p) est passé avec ses compagnons par la maison d'un habitant de la campagne iraquienne. Cet homme était laid. Mais l'Imâm (p) l'a salué, a mis pied devant sa maison et lui a demandé s'il n'avait pas besoin de quelque chose. Ses compagnons lui ont dit : "O fils du Messager de Dieu ! Comment descends-tu devant la maison de cet homme et tu lui demandes s'il n'a pas besoin de quelque chose, alors que c'est à lui de te le demander ?". L'Imâm (p) leur a répondu : "C'est l'un des serviteurs de Dieu, c'est un frère dans le Livre de Dieu et c'est un voisin dans les pays de Dieu. Nous avons en commun avec lui le meilleur des pères, Adam, et la meilleure des religions, l'Islam. Et il se peut que le temps fasse que nous ayons besoin de lui et qu'après avoir été hautains devant lui, nous serions humbles devant lui". Puis il a dit :

"Nous donnons à celui qui ne mérite pas nos dons"                 

 "Par crainte de nous trouver sans amis".

Les recommandations de l'Imâm (p)

On note parmi ses recommandations à ses enfants : "O mes enfants ! Je vous fais une recommandation. Celui qui l'écoute ne sera pas perdu en la respectant : Si quelqu'un vous vient et vous dit quelque chose de mal dans votre oreille droite, puis, s'excusant, il vous dit quelque chose de bien dans votre oreille gauche, vous devriez accepter ses excuses". Il a dit dans l'une de ses recommandations à Hishâm Ibn al-Hakam : "O Hishâm, le Commandeur des Croyants faisait à ses compagnons la recommandation que voici : "Je vous recommande de craindre Dieu publiquement et en secret. Je vous recommande d'être justes lorsque vous êtes mécontents ou contents. Je vous recommande de travailler pour gagner votre vie tout en étant pauvres ou riches. Je vous recommande de ne pas rompre vos liens avec ceux qui les rompent avec vous, de pardonner ceux qui vous traitent injustement et de donner à ceux qui vous privent. Vos regards devraient être destinés à apprendre. Votre silence devrait être destiné à la réflexion et vos paroles devraient être destinées à invoquer Dieu. Votre nature devrait être généreuse car le Paradis ne sera jamais gagné par un avare et l'Enfer ne sera jamais gagné par un généreux".

Ibn Hamdûn  a dit dans son livre intitulé "at-Tadhkira" : "Mûssâ Ibn Ja'far a dit : "J'ai constaté que la connaissance des gens consiste dans quatre choses : La première est que tu connaisses ton Seigneur, c'est-à-dire l'obligation de connaître Dieu. Ladeuxième est que tu connaisses ce que ton Seigneur t'a donné, c'est-à-dire les bienfaits dont Il t'a comblé et que tu dois en remercier et L'adorer pour eux. La troisième est que tu saches ce qu'Il te demande, c'est-à-dire tes obligations envers Lui, ce qu'Il te demande de faire et de le faire comme Il te l'a  demandé pour mériter la récompense.La quatrième est que tu connaisses ce qui te fait sortir de ta religion, c'est-à-dire les fausses croyances et les péchés majeurs.

Au sujet de la répartition du temps, l'Imâm al-Kâzim (p) disait : "Faites de l'effort pour que votre temps soit réparti en quatre moments. Un moment pour vous adresser à Dieu. Un moment pour gagner votre vie. Un moment pour fréquenter les frères dignes de confiance qui vous alertent sur vos vices et qui vous sont fidèles au fond de leurs âmes. Et un moment que vous consacrez à vos plaisirs licites. C'est grâce à ce dernier moment que vous retrouver la force nécessaire pour vivre les trois moments précédents". L'homme doit donc jouir des choses licites pour pouvoir se charger de la force nécessaire pour faire face aux grandes responsabilités. L'Imâm (p) disait : "Il ne fait pas partie de nous celui qui ne demande pas des comptes à soi-même tous les jours et qui, en faisant du bien, il demande à Dieu de l'aider pour en faire davantage, et en faisant du mal, il demande pardon à Dieu".

Les Imâms (P) nos guides vers Dieu !

Nous Imâms (p) sont les Imâms de la guidance. Ils sont ceux qui dirigent vers Dieu et les témoins de Dieu face aux hommes. Ils sont la lumière qui éclaire les raisons des gens, leurs cœurs et leur vie. Nous devons nous attacher à la reconnaissance de leur Autorité, les aimer et les suivre car ils sont les guides qui nous dirigent vers Dieu, le Très-Haut. Car ils sont les lieutenants du Messager de Dieu (P).

Beaucoup de gens et de savants tiennent leurs connaissances de l'Imâm al-Kâzim (p). On compte parmi eux Ahmad Ibn Hanbal, l'imâm des Hanbalites qui a dit : "Mûssâ Ibn Ja'far m'a dit : "Mon père, Ja'far Ibn Muhammad m'a rapporté de son père, 'Alî Ibn al-Hussein, qui le tient de son père, al-Hussein Ibn 'Alî, qui le tient de son père 'Alî Ibn Abû Tâlib, qui le tient du Messager de Dieu…". Et Ibn Hanbal d'ajouter : "Si un fou entend cette chaîne de transmission, il se serait réveillé", car ses transmetteurs occupent le sommet de toutes les significations de la science, de l'esprit et de la guidance.

"Sois le partisan de ceux dont les paroles sont :

Notre Grand-père le tient de Jabrâ'il

Qui le tient du Créateur !

Que la paix soit sur l'Imâm Mûssâ Ibn Ja'far, le jour où il est né, le jour où il rejoint son Seigneur et le jour où, vivant, il sera ressuscité.


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